Inaction politique et effondrement de l’accès aux soins ‘bas seuil’ à Bruxelles
Au moment où, à Bruxelles, la viabilité de plusieurs organisations de première ligne en santé est fragilisée, le Centre Athéna, pilier de l’accès aux soins dans la capitale, ferme ses portes.
Cette fermeture n’est pas un simple fait divers associatif, c’est un signal d’alarme pour la santé publique bruxelloise. Les conséquences de cette fermeture sont connues et documentées : retards de soins, aggravation de pathologies, recours accru aux urgences et perte de continuité des prises en charge.
Depuis plusieurs années, le Centre Athéna assurait un accès aux soins médicaux et infirmiers pour des personnes sans médecin traitant, en rupture de soins ou confrontées à des obstacles administratifs, sociaux ou financiers. Athéna accueillait une patientèle mixte, composée à la fois de personnes en grande précarité et de Bruxellois et Bruxelloises qui, faute d’alternative, trouvaient là une porte d’entrée vers le système de soins. Le centre était né d’une initiative locale en 2014 et s’est constitué en asbl en 2018 regroupant la FAMGB Fédération des Associations de Médecins Généralistes de Bruxelles / FBHAV, Pharmacy.brussels et Médecins du Monde.
« Il est inacceptable qu’un gouvernement se cache derrière les affaires courantes pour ne pas réagir face à cette urgence : affaires courantes veut aussi dire affaires urgentes. » expliquent les 3 organisations.
Un rôle essentiel dans un système déjà sous tension
En soulageant les services d’urgences hospitalières et en orientant les patient·es vers la première ligne, Athéna jouait un rôle d’amortisseur indispensable. Sa fermeture intervient alors que les hôpitaux bruxellois sont déjà sous pression. D’autres dispositifs ‘bas seuil’, dont le Hub humanitaire centre de jour pour personnes migrantes, devront cesser ses consultations médicales le 31 mars 2026.
« Nous sommes profondément préoccupé·es par les conséquences de cette fermeture pour les personnes les plus vulnérables. L’absence de réponse structurelle va générer incompréhension, renoncements aux soins et complications médicales évitables. »
Médecins du Monde
Une décision contrainte par un manque de réponse politique
La fermeture du Centre Athéna n’est pas le résultat d’un échec de terrain. Elle est la conséquence directe de l’absence de décision politique claire et suffisante pour garantir la pérennité d’un dispositif pourtant reconnu comme nécessaire.
Malgré des démarches répétées, des échanges avec l’administration et le cabinet ministériel, ainsi que la mobilisation des organisations fondatrices et partenaires, les moyens indispensables au maintien de l’activité n’ont pas été réunis. Continuer à fonctionner dans ces conditions n’était pas responsable.
« Il est urgent que les autorités bruxelloises prennent la mesure de ce qui se joue. L’instabilité institutionnelle n’est plus seulement un problème de gouvernance : elle devient une menace directe pour la santé publique à Bruxelles. »
FAMGB
Toute la chaîne des soins impactée
« Athéna était un maillon essentiel entre le soin, le social et la ville. Sa disparition laisse un vide qui ne sera pas comblé spontanément et dont les conséquences dépasseront largement ce centre. »
Pharmacy.brussels
La fermeture d’Athéna ne concerne pas uniquement les personnes qui y étaient soignées. Elle concerne l’ensemble du système de santé bruxellois. Quand une structure de première ligne disparaît, ce sont les urgences hospitalières, les médecins généralistes déjà saturés et les services sociaux qui absorbent le choc.
Reconnaissance et responsabilité
Les partenaires du Centre Athéna tiennent à saluer le travail de l’administration, l’engagement des associations partenaires, des professionnel·les de santé et du social, ainsi que l’investissement remarquable du personnel qui a fait vivre ce projet avec conviction et humanité.
Mais cette reconnaissance ne peut masquer l’essentiel : l’accès aux soins pour les publics fragilisés ne peut reposer sur des financements précaires ni sur des décisions repoussées. Dans un contexte d'augmentation d'année en année de personnes sans chez soi sur le territoire bruxellois, cette rupture de services est incompréhensible et inhumaine.
Ce que nous demandons
Nous demandons explicitement un positionnement clair et public du gouvernement bruxellois sur la continuité et le financement structurel des dispositifs d’accès aux soins de première ligne.
La santé publique ne peut pas être une variable d’ajustement politique.




